10.05.2008

La Vérité est-elle permanente ou inconstante ?

 Gottfried Wilhelm von Leibniz

              1646-1716

1730651912.jpgTandis que la réalité est par définition indépendante de l’homme, la vérité est toujours de l’ordre du discours ou encore de la représentation.

542778073.jpgPréoccupation essentielle de la recherche philosophique, la vérité n’est ni un fait ni un donné. Platon (427-347), philosophe de la Grèce Antique illustre à merveille cette idée selon laquelle d’une part, l’effort de l’esprit humain pour parvenir à une authentique vérité peut être couronné de succès. 

D’autre part, la vérité ne peut-être cette vérité que celui qui l’énonce, répète comme un perroquet, un savoir qu’il croit être vrai. Socrate en effet, en son temps déclarait que la vérité ne s’enseigne pas comme on remplit un vase vide ; connaître la vérité, c’est un véritable accouchement de l’esprit : la chercher au fond de soi et se l’approprier.

Troisième part, d’après Platon, la vérité se définit par sa permanence et son universalité par opposition à la relativité et l’inconstance des opinions humaines.

A la question, comment reconnaît-on la vérité ? Nombre de philosophes classiques ont subi ou suivi Descartes et répondent à l’évidence des idées vraies. Mais qu’est ce que l’évidence ? Pour Descartes, seule l’intuition c’est-à-dire l’évidence et la déduction peuvent conduire à la vérité. L’ordre des idées vraies procède donc d'un modèle : l’ordre géométrique formalisé par Euclide (IV-III siècle av. JC) dans les Eléments de géométrie.

Ce critère cependant,  se heurte à deux objections formulées par Leibnitz : s'agissant de la première objection, l’évidence est un critère peu fiable car trop subjectif par le fait que quelle que soit la représentation d’une idée, elle s’accompagne toujours d’un sentiment de certitude mais quel crédit accorder à ce sentiment ? 

S'agissant de la seconde objection, elle résulte du développement des sciences expérimentales qui découlent de l’observation des faits. Il est peu probable d’analyser le monde physique comme un système mathématique et en déduire ses lois à partir d’axiomes évidents.

In fine, pourquoi rechercher une vérité qui peut-être celle de l’un ou de l’autre ? Donc il y aurait des vérités et non point une vérité. La vérité ne relève-elle pas avant tout d’un seul et unique choix ? Celui de notre liberté.

Marie F.

 

01.05.2008

Thomas Hobbes et le monstre terrestre : le Léviathan

     Thomas Hobbes 

         1588-1679

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Philosophe matérialise-nominaliste anglais, Thomas Hobbes se trouve dans l’obligation de s’exiler en France en 1640. De faits, les guerres civiles en Angleterre opposent le Parlement au Monarchistes et aboutissent à la Révolution de 1648 avec notamment la décapitation du roi Charles 1er.

 

Pendant son exil qui durera plus de 10 ans, Thomas Hobbes publie le Du citoyen (De cive) et son ouvrage majeur, le Léviathan.

 

Considéré par ses pairs comme l’un des premiers penseurs de l’Etat moderne, Thomas Hobbes élabore « une théorie rationnelle » du pouvoir dans le Léviathan. Partant de la science morale et politique, le philosophe applique les principes de la physique mécanique à l’étude de l’homme et de la société.

Dans le texte biblique, la puissance terrestre de Léviathan est évoquée pour signifier dans quelle mesure la puissance céleste de Dieu surpasse et domine toute créature, même la plus terrifiante. Le terme Léviathan repris par Hobbes au XVIIè siècle, désigne l’Etat et sa puissance. Il nomme l’Etat Léviathan, non pas ce que ce dernier a d’effrayant, mais au contraire pour en faire un Dieu mortel : l’Etat est Léviathan parce qu’il s’agit d’un "homme artificiel", doué d’une "âme artificielle", en d’autres termes la Souveraineté populaire. L’Etat est Léviathan non seulement parce qu’infiniment plus puissant mais aussi plus raisonnable que les individus livrés à eux-mêmes.

Marie F.

 

17.04.2008

Condillac ou la noblesse de la philosphie française

 Etienne Bonnot de Condillac

         1715-1780

1068566532.jpgEtienne Bonnot de Condillac (1715-1780), philosophe de la noblesse de robe se destine à une vie religieuse, mais il renonce au sacerdoce pour n’en conserver que le titre. In fine, Condillac se consacre tout particulièrement à la réflexion, à la philosophie mais aussi à la vie mondaine de son époque.

Contre les idées rationalistes de René Descartes (1594-1650), la pensée philosophique de Condillac se compose notamment des idées empiristes de John Locke (1632-1704).

L’apport philosophique de Condillac réside en l’occurrence, dans le rôle fondamental du langage non seulement dans la manière d’exprimer les idées mais aussi dans leur élaboration. Ainsi, les signes du langage sont une construction humaine arbitraire qui assurent la transition des idées directement issues de la sensation aux idées complexes et abstraites de l’entendement et de l’imagination.

Nominaliste, Condillac affirme que le langage sert de fondement à l’organisation du savoir. Quant-à la science, elle se définit par rapport à ce savoir. En effet, le philosophe prétend de facto fournir une analyse complète de la façon dont se construit l’esprit sans présupposer une activité propre et spontanée de l’esprit dont il s’agit.

Marie F.

 

08.04.2008

François Rabelais :un personnage contrasté, mais aussi un grand écrivain

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Né en Touraine on ne sait pas exactement  en quelle année (entre 1483 et 1495), mort en 1553, François Rabelais est souvent considéré comme une grande figure de son siècle. Une partie de sa vie est obscure, on l’a déjà constaté à propos de sa naissance, mais nous savons  qu’entré tôt dans les ordres il se concilia des amitiés et des protections illustres. Nous savons  également qu’ayant beaucoup voyagé, puisqu’on le trouve à Poitiers, Montpellier, Lyon, Paris, Rome, il a aussi beaucoup étudié, amassant une somme considérable de connaissances, exerçant même la médecine avec autorité.

Toutes ces occupations ne l’ont pas empêché de rédiger le grand ouvrage qui le fera passer à la postérité, Pantagruel puis la Vie de Gargantua père de Pantagruel.  L’histoire de ses gigantesques héros n’est pour Rabelais qu’un prétexte lui permettant sous des apparences bouffonnes,  de nous laisser un tableau encyclopédique des connaissances de son temps. Contemporain des prémices de la Renaissance, applaudissant des deux mains à ce réveil de l’esprit humain, Rabelais n’a quand même pas rompu avec les traditions artistiques du moyen-âge, dont il reproduit les conceptions énormes et désordonnées.

L’abondance immodérée, la prodigalité touffue et l’exubérance sont la première marque de son œuvre. Son comique touche au grotesque, pour ne pas dire au grossier et à l’obscène. Son vocabulaire est intarissable comme sa fantaisie, mais a contrario les enseignements qui ressortent de ce roman fleuve sont à la fois justes, sages et prudents. L’œuvre de Rabelais est donc un curieux assemblage de qualités très diverses, pour ne pas dire opposées.

Il est lui-même  considéré comme un être joyeux, mais aussi raisonnable, avec lequel les âmes délicates et généreuses auront toutefois du mal à sympathiser entièrement. Son esprit était ouvert aux plus nobles jouissances, respectueux des vérités de la philosophie et de la religion, mais également aux plaisirs les plus vulgaires, considérant que la sagesse consiste surtout à suivre la nature sans jamais la contrarier.

Marie F.

30.03.2008

Un personnage hors du commun : Madame de Maintenon

1313531320.jpgVous avez dit une dame de lettres ?

« Vous parlez à vos enfants avec une sécheresse, un chagrin, une brusquerie qui vous fermera tous les cœurs ; ils faut qu’elles sentent que vous les aimez, que vous êtes fâchée de leurs fautes  pour leur propre intérêt, et que vous êtes pleine d’espérance qu’elles se corrigeront ; il faut les prendre avec adresse, les encourager, les louer, en un mot il faut tout employer, excepté la rudesse ». Voilà quelques phrases que l’on croirait tirées d’un précis d’éducation qui pourrait très bien avoir été écrit récemment, si le style ne venait contredire l’affirmation.

De qui sont ces phrases ? D’une dame qui a marqué son siècle, même s’il est assez difficile de mesurer exactement l’influence qu’elle put exercer sur les affaires politiques et religieuses de son époque. D’une dame douée d’un esprit solide, sinon très élevé, habituée à compter avec les difficultés de la vie dans sa jeunesse, qui a consacré le meilleur de son temps et de ses soins à la fondation et à la direction de cette maison de Saint-Cyr, où devaient être élevées gratuitement deux cent cinquante jeunes filles nobles… et pauvres.

Les demoiselles de Saint-Cyr ont-elles-mêmes conservé ses Entretiens, véritable  recueil de conseils s’appuyant  sur les souvenirs personnels de l’auteur. Ce dernier a aussi écrit quelques œuvres, notamment ses Conversations et ses Proverbes, sortes de dialogues et de petits drames moraux, et ses Lettres, dont un très grand nombre sont relatives à Saint-Cyr ou à l’éducation des filles.

 Ces œuvres  ne lui assurent sans doute pas une place parmi nos plus grands écrivains, d’autant qu’ils furent à la fois très nombreux et très brillants durant son siècle, mais elles nous obligent  à dire que nul pédagogue ne s’est montré plus libre de tout préjugé systématique ou romanesque. Nul n’a eu plus qu’elle le sentiment de la réalité, et ne s’est plus attaché à fonder toujours sur l’expérience des enseignements plus empreints de modération et de bon sens.

Mais qui était donc ce personnage dont on dirait de nos jours qu’elle fut la première dame de France, terme tellement galvaudé aujourd’hui ? Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon qui, un peu plus d’un an après la mort de la reine Marie-Thérèse, épousa en grand secret Louis XIV.

Marie F.