08.04.2008
François Rabelais :un personnage contrasté, mais aussi un grand écrivain

Né en Touraine on ne sait pas exactement en quelle année (entre 1483 et 1495), mort en 1553, François Rabelais est souvent considéré comme une grande figure de son siècle. Une partie de sa vie est obscure, on l’a déjà constaté à propos de sa naissance, mais nous savons qu’entré tôt dans les ordres il se concilia des amitiés et des protections illustres. Nous savons également qu’ayant beaucoup voyagé, puisqu’on le trouve à Poitiers, Montpellier, Lyon, Paris, Rome, il a aussi beaucoup étudié, amassant une somme considérable de connaissances, exerçant même la médecine avec autorité.
Toutes ces occupations ne l’ont pas empêché de rédiger le grand ouvrage qui le fera passer à la postérité, Pantagruel puis la Vie de Gargantua père de Pantagruel. L’histoire de ses gigantesques héros n’est pour Rabelais qu’un prétexte lui permettant sous des apparences bouffonnes, de nous laisser un tableau encyclopédique des connaissances de son temps. Contemporain des prémices de la Renaissance, applaudissant des deux mains à ce réveil de l’esprit humain, Rabelais n’a quand même pas rompu avec les traditions artistiques du moyen-âge, dont il reproduit les conceptions énormes et désordonnées.
L’abondance immodérée, la prodigalité touffue et l’exubérance sont la première marque de son œuvre. Son comique touche au grotesque, pour ne pas dire au grossier et à l’obscène. Son vocabulaire est intarissable comme sa fantaisie, mais a contrario les enseignements qui ressortent de ce roman fleuve sont à la fois justes, sages et prudents. L’œuvre de Rabelais est donc un curieux assemblage de qualités très diverses, pour ne pas dire opposées.
Il est lui-même considéré comme un être joyeux, mais aussi raisonnable, avec lequel les âmes délicates et généreuses auront toutefois du mal à sympathiser entièrement. Son esprit était ouvert aux plus nobles jouissances, respectueux des vérités de la philosophie et de la religion, mais également aux plaisirs les plus vulgaires, considérant que la sagesse consiste surtout à suivre la nature sans jamais la contrarier.
Marie F.
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26.03.2008
La postérité finit toujours par avoir raison
La postérité finit toujours par avoir raison et, dans le cas de Ronsard, c’est plus vrai encore. En effet, après avoir été dédaigné pendant tout le 17è siècle et alors que le 18è l’a ignoré, le 19è l’a réhabilité. En effet l’école romantique, tout éprise qu’elle était du moyen-âge, et malgré les différences qui la séparaient des poètes de la Pléiade, disciples de l’Antiquité, voulut redonner à Ronsard la place qu’il mérite.
En fait, Ronsard fut surtout une victime de Malherbe et Boileau qui trouvaient que ses poèmes, véritables petites pièces aux rythmes libres et variés, manquaient de naturel et de simplicité par comparaison, par exemple, avec Du Bellay aux sentiments plus personnels et plus profonds. Mais quand le talent et le génie se côtoient, ils finissent toujours par triompher malgré la sévérité des critiques de ceux qui en sont moins bien pourvus, et c’était le cas de Malherbe.
Depuis le 19è siècle, la gloire de Pierre Ronsard semble s’être encore accrue, et il ne s’en faut guère pour que de nos jours on replace le poète vendômois au rang qui était le sien au début de sa carrière. A cette époque, Ronsard avait conquis les suffrages de presque tous ses contemporains, et sa gloire ne fit que croître jusqu’à la fin de sa vie, au point que les personnages les plus considérables de son temps se firent ses panégyristes. Il fut notamment distingué par le roi Charles IX, la reine Elisabeth et Marie Stuart, qui tous lui donnèrent des marques de leur bienveillance.
Aujourd’hui, et c’est heureux, il n’y a donc plus de débat sur la qualité de son œuvre. Nous aurions presque tendance à dire en parlant du 16è siècle, « le Siècle de Ronsard ». Certaines parties de ses Hymnes et de ses Discours sont d’une abondance épique ou oratoire vraiment entraînante. Mais rien ne saurait surpasser la grâce de quelques odes légères, de quelques élégies, de quelques sonnets qui sont demeurés ses pièces les plus célèbres. Existe-t-il quelque chose de plus beau dans la poésie que les Amours de Cassandre, les Amours de Marie ou les Sonnets pour Hélène ? Assurément non.
Marie F
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07.03.2008
Sur les ESSAIS de Montaigne et sur Montaigne lui-même
S’il est un auteur qui a suscité la controverse, c’est bien Montaigne ou Montagne ainsi que l’écrivent La Bruyère et Malebranche. Ce dernier est un de ceux qui ont le plus blâmé Montaigne. Il lui reproche surtout la complaisance païenne avec laquelle il s’observe lui-même et se propose à l’attention de ses lecteurs, tel que la nature l’a fait. C’est l’usage et l’abus dans son livre majeur, les Essais, de ce « moi haïssable », suivant le mot de Pascal dans les Pensées.
En cela Malebranche est du même avis que les écrivains de Port-Royal. « Le sot projet qu’il a de se peindre ! » dit Pascal en parlant de Montaigne, en regrettant que personne ne l’ait averti « qu’il parlait trop de soi ». Les auteurs de la Logique de Port-Royal lui adressent le même reproche dans le long passage qu'ils consacrent à la critique de Montaigne.
Bossuet dans le Sermon pour la fête de tous les saints a aussi attaqué Montaigne, mais par un autre côté : c’est à son système qu’il en veut et plus encore au mépris qu’il affiche pour la raison humaine. Il est vrai que Montaigne, et cela ne pouvait plaire à Bossuet, n’a cessé d’affirmer la faiblesse de la raison humaine. Il la décrit orgueilleuse et la défiance qu’elle lui inspire, réserve faite des vérités de la foi, rend d’avance Montaigne hostile à tout dogmatisme.
Nonobstant ces remarques ou critiques, fussent-elles de grands écrivains, Montaigne reste un des maîtres de la pensée française et l’un de ces esprits qui ne laisse personne indifférent. Certains l’ont lu et admiré comme Madame de Sévigné ou La Bruyère, d’autres l’ont vivement combattu comme Arnauld, Nicole, Malebranche, sans oublier Pascal qui s’en est aussi inspiré. Aujourd’hui, partisans et adversaires de sa doctrine, s’accordent à regarder Montaigne comme un des maîtres de la prose du XVIè siècle, parce que toutes les questions dont il a traité intéressent la conduite de la vie.
Marie F.
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